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Avec son Renault Scenic électrique, Lionel consomme bien moins que les journalistes

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Le Renault Scenic E-Tech de Lionel
Le Renault Scenic E-Tech de Lionel

D’abord en Peugeot e-2008, puis en Volvo EX30 et maintenant en Renault Scenic électrique, Lionel a toujours consommé plusieurs kilowattheures de moins que les journalistes de la presse automobile. De quoi tordre le cou à quelques idées reçues sur l’autonomie, même en hiver.

Pourquoi les chiffres élevés des journalistes ?

Les automobilistes espèrent souvent davantage d’autonomie que celles encore annoncées par les constructeurs pour leurs nouveaux modèles. Alors que les chiffres avancés dans le cadre de la norme WLTP témoignent rarement d’une amélioration de l’efficience, les journalistes — y compris sur Automobile Propre — obtiennent des consommations plus élevées, et parfois de beaucoup.

Il y a une raison simple à cela : les essais sont réalisés en pensant à ce que les électromobilistes dans leur majorité vont constater eux-mêmes en utilisant ces véhicules au quotidien, comme avec les modèles thermiques qu’ils avaient auparavant. C’est pourquoi les pratiques pour bénéficier d’un meilleur rayon d’action après une recharge ne sont jamais, ou rarement, mises en œuvre.

Sur autoroute, par exemple, le 130 km/h va être maintenu y compris dans les côtes, alors que bien des conducteurs ne s’y accrochent plus aujourd’hui, qu’ils soient dans un modèle électrique, diesel, ou autre. Beaucoup n’ont pas (ou plus) le pied lourd sur l’accélérateur, témoignant d’autonomies et de consommations conformes aux données WLTP, quand elles ne sont pas améliorées. Ce qui était pour eux une habitude devient vite un jeu où les scores peuvent parfois apparaître incroyables.

Passion de l’automobile et qualité de l’air

Lionel est un lecteur dont nous avons remarqué les contributions mettant en avant des consommations particulièrement modérées avec son actuelle Renault Scenic E-Tech. La passion qui l’anime depuis des années pour l’électromobilité s’est un jour traduite par une conversion professionnelle : « Avant, j’étais consultant en e-commerce et en objets connectés. En me réorientant vers la mobilité électrique tout en conservant la même fonction, j’ai souhaité convaincre les institutionnels. J’ai ensuite travaillé pour une entreprise spécialisée dans le rétrofit des véhicules lourds ».

Aujourd’hui, notre lecteur est chez Kempower, une société qui s’active à développer des solutions de recharge rapide : « Je suis allé rencontrer l’équipe sur un salon, j’ai postulé et ma candidature a été retenue. Ce que j’aime dans cette entreprise, ce sont les solutions originales imaginées, un peu comme Apple. Avec ma passion de l’automobile et mon intérêt pour la qualité de l’air, je ne pouvais qu’arriver à rouler en VE. Ce qui a été un grand changement pour moi ».

Avant cela, le quinquagénaire obtenait déjà des consommations modérées avec sa Peugeot 308 essence : « Je n’étais jamais au-dessus de 6-6,5 l/100 km. Sur autoroute, j’obtenais environ 5,5 litres. En ville, je me déplaçais déjà à vélo. Je souhaitais passer à la voiture électrique depuis longtemps, mais j’ai hésité, car c’était compliqué pour moi de recharger. C’est donc avec Kempower que j’ai eu mon premier VE, fin mars 2024. Quand on travaille dans cette entreprise, on se doit de rouler en électrique ».

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Découverte de 3 VE en 2024

La Renault Scenic E-Tech n’est pas arrivée tout de suite : « Avant de recevoir fin novembre 2024 ma voiture de fonction via Alphabet, je insisté auprès de Hertz pour obtenir un VE en LLD. C’est ainsi que j’ai disposé d’une Peugeot e-2008 de mars à juillet 2024, puis d’une Volvo EX30 jusqu’à fin novembre. Vous auriez vu le visage dépité de la personne chez Hertz qui m’a remis les clés de la première, pensant sans doute que j’allais galérer avec une électrique ».

L’accueil a été très différent quelques mois après : « Il y a eu une vraie solidarité VE avec l’agent que j’ai rencontré lorsque j’ai récupéré la Volvo. Il m’a même passé un câble Type 2 venant d’une électrique d’une autre marque parce que la forme du connecteur sur celui d’origine empêchait la fermeture de la trappe d’une borne que j’utilise régulièrement. La recharge ne pouvait donc pas démarrer ».

Avec une déception cependant concernant le nouveau modèle : « En passant de la Peugeot e-2008 à la Volvo EX30, je m’attendais à gagner en gamme, d’autant plus que j’avais la version supérieure pour cette dernière. J’ai été très déçu par la finition très moyenne et les bugs de l’électronique sous Google Automotive. Une fois, je n’ai pas pu rentrer dans la voiture parce que la pile de la clé était déchargée. Ce modèle était en revanche agréable à conduire ».

« La Scenic est une véritable invitation au voyage »

Au départ, Lionel n’était pas parti sur le Scenic : « Je voulais prendre une Renault Megane E-Tech pour la pompe à chaleur et le conditionnement de la batterie. La Scenic amenait des améliorations et je la trouvais jolie. Beaucoup de personnes autour de moi m’ont dit qu’elle est belle. Gilles Vidal [NDLR : Directeur du design chez Renault] a fait un beau boulot. Globalement, il y a plein de petits détails sur cette voiture qui montre que le constructeur a fait des efforts ».

Petite astuce : « Pour plus de confort et d’efficience, j’ai fait le choix du 19 pouces pour les jantes à la place de la monte d’origine en 20 pouces. On n’y pense pas forcément. Aujourd’hui, je ne le regrette pas. Avec l’espace à bord, l’impression d’être dans un cocon et les matériaux utilisés, la Scenic est une véritable invitation au voyage. Ayant eu des BMW et une Citroën C5 de seconde génération, Renault n’était pas une marque que j’aurais recommandée auparavant ; maintenant oui. J’ai d’ailleurs convaincu deux personnes de passer à la Renault 5 E-Tech ».

Tout n’est cependant pas parfait : « Des choix un peu bizarres ont été faits. On sent que beaucoup d’argent a été consacré à l’accoudoir à l’arrière, mais la vision à 360 degrés n’est pas terrible, bien en deçà de celle de l’EX30. C’est gênant pour moi, car je dois tourner dans une entrée très réduite avec des murs en béton gris, et là, j’ai du flou. Pareil pour l’image numérique sur le rétroviseur intérieur qui donne une impression délavée par rapport à un miroir classique ».

Consommer moins par jeu

Avec les chiffres annoncés lors des essais dans la presse, Lionel ne se projetait pas encore avec de meilleurs résultats quand il a reçu sa Peugeot e-2008 : « Je m’étais dit que ça allait être une horreur, que j’allais consommer à mort. Mais non, en anticipant et en utilisant bien le véhicule j’ai vite relevé autour de 10 kWh/100 km en ville. C’était impressionnant. Il faut regarder loin et jouer avec les reliefs ».

Même constat avec la Volvo EX30 : « J’étais toujours 3-4 kWh/100 km en dessous des valeurs d’essai. Il y a des voitures plus ou moins efficientes, mais l’élément qui influe le plus sur la consommation est celui qui est entre le volant et le siège. Être plus efficace, ça s’apprend. Je le vois vraiment comme un jeu. Beaucoup d’automobilistes aiment le faire, mais les constructeurs ne mettent pas assez en avant que c’est possible, préférant communiquer sur le temps mis pour abattre le 0 à 100 km/h ».

Notre lecteur estime : « Les marques de voitures électriques se plaignent qu’elles n’en vendent pas assez. C’est aussi parce que leur approche n’est pas bonne. Beaucoup de gens font attention à la consommation en raison de l’augmentation du prix de l’électricité. Ces véhicules récupèrent de l’énergie très souvent. Les économies sont à voir comme des récompenses. J’éprouve une certaine colère parfois quand j’entends dire que ce serait comme une contrainte, voire même une punition de le faire, alors que c’est vraiment amusant ».

470 à 520 km en hiver

Lionel compare : « C’est comme avec un cheval, il faut bien le connaître pour en obtenir le maximum. Chaque voiture se conduit différemment. J’apprécie beaucoup les palettes au volant sur la Renault Scenic E-Tech. Je fais beaucoup de roues libres. Avant un virage, j’augmente le niveau de régénération. L’amplitude des chiffres de consommations d’un conducteur à un autre est potentiellement beaucoup plus grande avec une voiture électrique qu’avec une thermique ».

Notre lecteur pratiquait déjà l’écoconduite avant de passer au VE : « C’est dans ma philosophie. Sur autoroute, je roulais déjà à 110 km/h. J’obtenais souvent les meilleures consommations à mon travail. Je ne prends pas mon véhicule de fonction pour une voiture de sport. Ce qui compte pour moi, c’est d’être bien à bord. Je suis beaucoup plus reposé quand j’arrive à destination. Lorsque je roule pour mon travail, je me mets dans la peau d’un automobiliste particulier ».

Consos de Lionel sur son Renault Scenic E-Tech
Consos de Lionel sur son Renault Scenic E-Tech

L’autonomie en cycle mixte WLTP est de l’ordre de 600 km avec la Renault Scenic à batterie 87 kWh : « J’obtiens actuellement entre 470 et 520 km avec des pneus hiver sur des déplacements qui comprennent de la voie rapide, de l’autoroute, de l’urbain et du périurbain. En outre, les trajets courts à froid sont plus consommateurs. Cet été, je m’attends à obtenir de beaux scores. À noter que le moteur de cette voiture est plus efficace en dessous de 110 km/h ».

Pas de recharge au domicile

Les recharges de la Scenic sont toujours effectuées à l’extérieur : « Je n’ai pas de borne chez moi. Je branche en voirie à Lyon et quand je fais des courses. Chez Carrefour, je recharge gratuitement pendant une heure à 22 kW sur les bornes AC. En itinérance, le ravitaillement en énergie se fait en temps masqué. Avec Mobilize, j’ai un abonnement à 5 euros par mois qui me permet de me recharger chez Ionity pour 0,29 euro le kilowattheure. J’ai aussi les cartes Chargemap, Electroverse d’Octopus Energy, et Izivia ».

Lionel est parfois très joueur : « Je cherche à convaincre autour de moi de l’intérêt de passer à l’électrique. Je me suis imposé un petit exercice en partant un jour noir et en ne m’arrêtant que dans les stations Ionity. Des gens attendaient que les chargeurs 300 kW se libèrent alors qu’il n’y avait personne sur la tri-standard 50 kW. Ce qui m’a permis de recharger sans attendre ».

Pour notre lecteur, il y a un enjeu majeur à prendre en compte : « C’est la recharge de proximité. C’est elle qui va faire la différence. Même si les voitures électriques devenaient beaucoup moins chères à acheter, s’il n’y a pas la recharge de proximité, ça n’ira pas. Ce n’est pas assez pris en compte ».

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Entre émulations et déceptions

Le parking de Kempower pourrait presque ressembler à un salon du VE : « Les collaborateurs ont le choix et peuvent prendre ce qu’ils veulent comme voiture électrique. Ce qui fait qu’il y a sur le parking quasiment tous les modèles du marché : Hyundai et Kia sous 800 V, Skoda Enyaq, Tesla Model 3 et Model Y, le Nissan Ariya très agréable à conduire, Polestar, Volvo, etc. Les collègues sont beaucoup des passionnés. C’est toujours un plaisir de se faire découvrir entre nous les nouveaux modèles qui ont été choisis ».

C’est aussi l’occasion d’échanger sur les motivations à rouler à l’électrique : « Chacun cherche à faire passer un message, par exemple la possibilité de rouler en VE aussi facilement qu’en thermique, la maîtrise de la consommation, etc. ».

Lionel est en revanche très déçu des constructeurs : « Déjà concernant les discours qu’ils peuvent avoir pour condamner l’Europe, ensuite parce qu’ils n’arrêtent pas de dire qu’ils sont obligés de proposer des voitures électriques. Et maintenant, ils se plaignent que les automobilistes ont des doutes sur le VE. Les constructeurs ne se rendent pas compte que c’est repris et transformé. Ça ne va pas du tout ».

Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Lionel pour son accueil au téléphone, sa disponibilité et son témoignage que nous avons sollicité.

Pour rappel, toute contribution désobligeante à l’encontre de nos interviewés, de leur vie, de leurs choix, et/ou de leurs idées sera supprimée. Merci de votre compréhension.

Avis de l'auteur

Je suis du même avis que Lionel : c'est en connaissant bien sa voiture que l'on arrive à en tirer le meilleur en matière d'autonomie et de consommation. Même entre deux modèles assez proches d'une même marque, il y a des différences à prendre en compte. En passant par exemple du Kia e-Soul au e-Niro, je pensais obtenir rapidement avec ce dernier les consommations les plus basses. Eh non ! Il a fallu recommencer avec une carrosserie et d'autres éléments qui demandent un temps d'adaptation. De la même manière, c'est en connaissant bien les parcours que les chiffres s'améliorent, car on finit par acquérir les bons réflexes, comme par exemple commencer à accélérer moins fort dans la côte quand on sait que la pente tout juste derrière sera longue. C'est effectivement un jeu grâce auquel la conduite n'est jamais ennuyeuse. À noter que rouler moins vite n'est pas judicieux partout. Sur autoroute, dans la plupart des cas, c'est payant. Mais pas forcément sur le réseau secondaire. En voulant profiter de l'inertie, les routes à 90 km/h et même à 110 km/h avec des côtes et descentes permettent avec beaucoup de VE d'obtenir de meilleurs résultats que sur celles à 80 km/h. On l'observe, par exemple, quand il y a beaucoup de circulation sur une voie rapide, obligeant à évoluer de façon quasi constante à 80 km/h. Un jour moins chargé, rouler à 110 km/h aura pour effet de bien bénéficier de l'inertie avec laquelle aborder les côtes et maintenir ensuite la vitesse sur un filet d'électrons.

Philippe SCHWOERER

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