La Renault 5 e-Tech peut ne pas convenir à tous les budgets. Voici notre sélection d’alternatives occasion à ne pas oublier.
Un peu moins de 4,0 m de long pour 1,77 m de large, la Renault 5 e-Tech est parfaitement taillée pour les villes. Pour ne rien gâcher, elle dévisse aussi bien les têtes qu’une supercar, et offre un niveau de polyvalence assez acceptable. Preuve en est avec nos nombreux essais, roadtrip et Supertest. Hélas, elle fait payer cher ses prestations : hors bonus, la grille tarifaire s’échelonne de 27 990 € à 35 490 € ! Voilà qui pourrait freiner les budgets serrés, tentés de regarder du côté du marché de l’occasion. Suffisant pour oublier la R5 ? On fait le tour.
Autant de volume à bord pour une longueur de seulement 4,01 m de long ? C’est ce que propose la BMW i3, qui s’apparente davantage à un petit monospace grâce à ses imposantes surfaces vitrées, qui offrent une bonne vision périphérique. Un avantage en ville, tout comme la position de conduite surélevée et le diamètre de braquage de seulement 9,8 m. La présentation intérieure de cette voiture vraiment pensée pour l’écologie invite à une conduite apaisée, bien que la mécanique sache se montrer volontaire.
Bémol, sa silhouette se paie avec quelques détails agaçants au quotidien. C’est le cas des portes arrière antagonistes, dotées de vitres qui ne s’ouvrent pas, qui ne facilitent pas l’accès à la banquette, qui ne peuvent s’ouvrir qu’après avoir ouvert les portes avant, et empêche les passagers de descendre si la ceinture avant est bouclée ! Bref, c’est une trois portes qui ne dit pas son nom. Ou une 2+2 portes, tout au plus. Le coffre, lui, ne cube que 260 l.
Côté motorisation, oubliez d’office la 60 Ah (18,8 kWh net/22 kWh brut). Préférez une 94 AH (27,2 kWh net/33 kWh brut), équipée en série d’un chargeur 11 kW. Sinon, la 120 Ah (37,9 kWh net/42 kWh brut) sortie en 2018 y ajoute la recharge rapide DC 50 kW et autorise 250 km d’autonomie mixte. Si vous visez cette version, délaissez la I3s, bien trop ferme.
Le bon choix : il est possible de repartir en BMW i3 contre un chèque de 12 000 € (60 Ah de 2014 avec 50 000 km). À kilométrage équivalent, une 120 Ah Windmill Atelier de 2021 s’affiche à 18 500 €. Une bonne affaire, face aux 24 000 € que peuvent réclamer des exemplaires identiques avec 20 000 km seulement.
Comme la Renault 5 e-Tech, la Honda e fait référence à son passé. Et plus précisément à la N360 sortie à la fin des années 60, saupoudrée d’un peu de Civic SB1. Sa gueule est absolument irrésistible, tout comme sa présentation intérieure très technologique. Il faudra toutefois un sérieux temps d’adaptation pour se faire aux uniques rétroviseurs par caméras. Les petites portes arrière qui s’ouvrent en grand donnent accès à une banquette suffisamment confortable pour accueillir deux passagers pas très grands. Mais l’habitabilité se fait au détriment du coffre, d’à peine 177 l en raison de la mécanique installée sous son plancher. Un avantage technique : le train avant est vif, précis, sans remontée de couple et permet de braquer dans un mouchoir de poche (8,60 m).
Dommage cependant que la machine non optimisée (elle est héritée du CR-V Hybride) affiche des consommations élevées. Ce qui se traduit par une autonomie réduite de 150 km dans le monde réel avec la batterie de 28,5 kWh. Cette dernière peut faire le plein rapidement sur les bornes DC (100 kW), mais pas en recharge AC (6,6 kW).
L’entrée de gamme de 136 ch ne permet pas de vraiment tirer les prix vers le bas. Préférez une Advance de 154 ch. La puissance supplémentaire n’apporte rien, mais l’équipement est plus complet (prise 230 V, surveillance des angles morts, volant chauffant, …). Surtout, elle représente 95 % des annonces, ce qui laisse le choix et la possibilité de négocier les tarifs.
Le bon choix : les premiers prix démarrent à 16 000 € pour un modèle Advance de 2020 avec 50 000 km. Mais on en trouve avec 20 000 km à 19 000 €. À vous de faire la balance entre le kilométrage et le budget en fonction des offres proches de chez vous.
Mini Cooper SE : le kart électrique
La Renault 5 e-Tech a des ambitions premium et tutoie la nouvelle Mini Cooper Electric. Mais il n’est pas nécessaire de signer un gros chèque pour rouler différent : on trouve la précédente génération à des prix plus abordables sur le marché de l’occasion. Un choix véritablement coup de cœur, puisque la Mini cumule les défauts !
Montée sur une suspension sèche, elle secoue très fort les passagers. Mais, sur la route, c’est un véritable kart face aux autres citadines électriques. De plus, il faudra composer avec la seule carrosserie à trois portes, toujours contraignante en ville, et le coffre riquiqui de 211 l. Enfin, elle repose sur une batterie de 28,9 kWh de capacité nette qui alimente une machine avant de 184 ch. L’agrément de conduite et les performances sont à la hauteur. L’autonomie qui en découle beaucoup moins. Consolation : elle dispose en série d’un chargeur AC de 11 kW et d’une capacité DC de 50 kW.
Bref, elle n’a que des défauts, mais quelle gueule ! Surtout avec les jantes initialement baptisées Corona, jusqu’en 2020 à cause d’un certain virus. Côté fiabilité, un rappel a été orchestré pour remplacer des batteries défectueuses. Vérifiez que tout soit en ordre à ce sujet.
Le bon choix : l’offre est abondante ! En phase 1 (antibrouillards avant ronds), une Greenwich avec 18 000 km se négocie autour des 20 000 €. En Phase 2, un modèle Premium Plus de 2023 avec 20 000 km passe à 24 000 €. Hélas, oubliez le cabriolet, rare et cher (44 000 € pour 10 000 km).
Peugeot e-208 : la concurrente naturelle
D’une longueur de 4,06 m, la Peugeot e-208 occupe autant de place au sol que la Renault 5 e-Tech. Les deux citadines disposent aussi du même empattement de 2,54 m. Mais la Lionne offre davantage de place à l’arrière, en grignotant un peu de place dans le coffre. Reste que la vingtaine de litres de différence ne change rien dans la vie de tous les jours. À l’avant, la présentation est toujours dans le coup, mais bien moins moderne et technologique qu’à bord de la R5 e-Tech. Petit volant en main, la e-208 est aussi plaisante à mener et offre un niveau de confort supérieur.
Mais gare à la consommation des premières itérations, pouvant atteindre les 25 kWh/100 km sur autoroute ! Visez plutôt les modèles après mi-2022, qui ont reçu quelques retouches pour arranger les choses (rapport de réduction revu, logiciel modifié, capteur d’hygrométrie remplacé, …) . Dès lors, la e-208 est polyvalente (300 km sur parcours mixte), mais veillez à ce qu’elle dispose du chargeur 11 kW optionnel (7,4 kW de série) si vous n’avez pas de point de recharge privé.
La citadine a gagné en maturité fin 2023 en oubliant le moteur Continental au profit du bloc M3 de eMotors, nettement plus sobre et alimentée par une batterie à peine plus grosse (48,1 contre 46,2 kWh nets). En revanche, nos mesures font état d’une batterie de 51 kWh. Mais accordons le bénéfice du doute. En tout cas, l’autonomie passe à 350 km en mixte, et 250 km sur autoroute. Mais cette mécanique n’est disponible qu’avec des modèles récents et habillés de la finition GT.
Le bon choix : contre 19 000 €, on repart avec une Allure 136 ch de 2023 avec 16 000 km. Pour le prix d’une R5 e-Tech 40 kWh d’entrée de gamme, soit 27 000 €, on repart avec une e-208 GT 156 ch de 2024 avec 10 000 km.
Peugeot e-208
Renault Zoé : l’aînée de la R5
C’est l’aînée de la Renault 5 e-Tech. Mais la Zoé n’est pas surannée pour autant. Certes, en matière de présentation, elle accuse le poids des années, même si c’est moins le cas avec la phase 2 lancée dès 2019 et qui adopte des éléments de la Clio 5. Mais au chapitre habitabilité, elle n’a pas à rougir, avec notamment un coffre à peine plus vaste que celui de sa remplaçante. Là encore, cela ne devrait pas changer la vie des utilisateurs. La position de conduite perfectible et le caractère zen ne donne pas autant le sourire au volant que sa remplaçante. A contrario, l’assise haute et les larges surfaces vitrées sont un avantage en ville.
Si vous disposez d’un budget un peu plus conséquent, oubliez les premières versions disponibles sous les 7 000 € : autonomies réduites, location de batterie, recharge AC uniquement, fiabilité perfectible, … Le choix est bien plus simple avec les dernières itérations, équipées d’une batterie de 52 kWh, de machines électriques Renault plus fiables et, en option, du chargeur rapide DC de 50 kW. Après janvier 2021, elles ne sont plus associées à un contrat de location de la batterie. On retrouve alors deux moteurs R110 et R135. Côté performances, la Renault Zoé R135 ne creuse pas l’écart. Mais cette mécanique donne accès à la finition Techno toujours à la page.
Le bon choix : visez un modèle post-2022, équipé du chargeur DC 50 kW (sans surcoût notable en annonce), qui pourrait sauver la mise à défaut de faire des voyages une formalité. Pour 20 000 €, on peut trouver des R135 Techno avec 20 000 km. Pour le même prix, une R110 Evolution, déjà suffisante, affiche 5 000 à 10 000 km de moins.
Et pour le même prix qu’une Renault 5 e-Tech neuve ?
Pour l’heure, la plus abordable des Renault 5 e-Tech est affichée au prix catalogue de 27 990 € hors bonus éventuel. La version haut de gamme, avec batterie de 52 kWh (410 km WLTP) et en finition Iconic Cinq, plafonne à 35 990 €. Autant dire que les alternatives sur le marché de l’occasion ne manquent pas à ces niveaux de prix respectifs, toutes catégories confondues. Nous n’aurons pas la place de les énumérer, mais voici nos trois alternatives.
Chez Renault, il est possible de repartir avec une Megane e-Tech un peu plus polyvalente, en finition Techno et dotée de la configuration Optimum Charge (22 kW AC/130 kW DC). Une alternative de choix, certes un peu plus grosse, qui s’affiche à près de 26 000 € pour un modèle de 2022 avec 30 000 km au compteur. Et à 30 000 €, on retrouve des occasions récentes avec moins de 10 000 km dans les roues.
Dans la même catégorie, les premiers Volvo EX30 sont à portée de budget. Ainsi, pour le prix d’une R5 e-Tech 52 kWh Iconic Cinq, il est possible de signer pour un EX30 haut de gamme Ultra et alimenté par une batterie de 64,8 kWh dans sa configuration Single Extended Range. Les consommations sont élevées, mais la capacité de la batterie sauve les meubles. Et si ses 272 ch ne sont d’aucune utilité, ils ont le mérite d’être là pour faire des dépassements une formalité. Avec 15 000 km, un EX30 Plus réclame 32 000 € en moyenne. Un Ultra équivalent demande une rallonge de 3 000 €.
Toujours au rayon des originalités, les premiers exemplaires du Smart #3 arrivent sur le marché de la seconde main. Certes, on change de catégorie et il faudra un peu plus de place dans le garage (4,40 m de long). Mais le crossover, qui s’apparente plutôt à une grosse compacte avec sa hauteur de caisse raisonnable, offre une habitabilité forcément supérieure. Côté autonomie, il faudra s’attendre à un rayon d’action mixte de 360 km, ou de 270 km sur autoroute. Mais il faudra pour cela viser la version Premium, et oublier la version Barbus, de toute façon inconfortable, caricaturale et indisponible sous les 40 000 € en occasion.