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Français et Allemands s'unissent pour décarboner le transport routier et privilégier le tout électrique à l'hydrogène

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Camion électrique en charge
Camion électrique en charge

Un collège d’experts économiques français et allemands se sont alliés pour défendre le tout électrique face à l’hydrogène dans les transports de marchandises.

Au cas où certains ne seraient pas encore au courant, réduire l’empreinte carbone du transport de marchandises est un enjeu clé pour atteindre les objectifs climatiques de l’Union européenne. Et il semblerait que là non plus, l’hydrogène n’ait pas vraiment la cote.

Le secteur figure, en effet, toujours parmi les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre, et malgré des initiatives ambitieuses comme le Pacte vert pour l’Europe ou le plan « Fit-for-55 », la baisse des émissions reste insuffisante. Le transport routier, en particulier, peine à se décarboner en raison de sa forte dépendance aux poids lourds fonctionnant au diesel. Sans mesures fortes, ses émissions risquent même de continuer à croître, ce qui en ferait l’un des secteurs les plus en retard sur la transition écologique.

Face à ce constat, le Conseil franco-allemand s’est saisi du sujet. Dans le cadre des travaux du Conseil franco-allemand des experts économiques, le German Council of Economic Experts et le Conseil d’analyse économique ont formulé six recommandations pour accélérer la décarbonation du transport routier de marchandises en Europe, en mettant l’accent sur le développement des camions électriques.

Le Conseil d’Analyse Économique (CAE) en France et le Conseil franco-allemand des experts économiques (FGCEE) recommandent une stratégie coordonnée entre la France et l’Allemagne pour réduire les émissions du transport routier de marchandises. Leur analyse met en avant les camions électriques à batterie comme solution privilégiée, avec un appel à l’investissement dans les infrastructures adaptées. En effet, selon ces experts, harmoniser les politiques des deux pays renforcerait la cohérence nationale, améliorerait la compatibilité des infrastructures et accélérerait l’intégration des réglementations européennes.

La maturité technologique de l’électrique et les limites des alternatives hydrogène et hybrides

Le FGCEE, organisme indépendant en charge d’émettre des recommandations sur des enjeux économiques communs, a publié une déclaration signée par quatre des cinq experts allemands, Veronika Grimm ayant choisi de ne pas l’appuyer. Également membre du Conseil national de l’hydrogène, elle défend activement cette alternative pour le transport lourd. Alors que les économistes estiment que la technologie électrique est aujourd’hui la plus aboutie et immédiatement déployable. Ils recommandent d’orienter les financements publics vers l’installation de bornes de recharge rapide sur les principaux axes routiers et dans les zones logistiques.

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Si les camions à hydrogène et les technologies hybrides à caténaire restent envisageables, leur déploiement à grande échelle est freiné par des incertitudes techniques et économiques. Les experts préconisent donc de limiter les investissements publics dans ces infrastructures tant que leur viabilité ne sera pas démontrée. Toutefois, la réglementation européenne AFIR prévoit actuellement le développement simultané de stations de recharge électrique et de stations hydrogène d’ici à 2030, ce qui ne simplifie pas les choses. En conséquence, les économistes recommandent donc de réévaluer ces objectifs afin d’adapter les investissements à l’évolution des technologies.

Les infrastructures de recharge au centre de la question de l’électrification des transports routiers

C’est l’un des sujets les plus défendus par les élus et activistes écologistes : le transfert du fret routier vers le rail est souvent évoqué comme alternative. Cependant, son application reste limitée en raison des disparités du réseau ferroviaire européen. La solution la plus viable reposerait par conséquent sur l’électrification des poids lourds, bien que la disponibilité des bornes de recharge demeure un frein majeur, même si nous avons vu récemment que le secteur évolue dans le bon sens. Cela étant, afin de pallier ce manque, les experts suggèrent des investissements publics temporaires dans les infrastructures de recharge ultra-rapide sur les autoroutes, selon la norme MCS, ainsi que dans les terminaux logistiques. Ils insistent aussi sur l’importance de renforcer la recherche sur l’amélioration des batteries et la réduction de la dépendance aux matériaux critiques.

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